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Lalée PINONCELY
Fondatrice Adopte

La RSE s’affirme de plus en plus comme le nouvel horizon de toutes les organisations. Elle répond en effet à une demande pressante de la société civile et au souhait d’une très large majorité d’individus d’une économie plus durable et d’une entreprise plus attentive à ses environnements. Nombre d’entrepreneurs sont aujourd’hui conscients du fait qu’assumer cette responsabilité constitue une condition de la performance de leurs entreprises. Mais la formalisation d’une politique RSE pertinente et adaptée reste un défi majeur pour les dirigeants de PME et TPE. Cette fiche « premier pas » a pour but de les aider à se poser les bonnes questions.

Commençons par quelques définitions :

Avant toute mise en place d’une politique RSE, il est utile de rappeler quelques définitions, afin d’établir clairement ce que recouvre la notion de Responsabilité sociétale des entreprises :

Le sigle RSE ( pour « Responsabilité sociétale des entreprises » ) désigne la prise en compte volontaire par l’entreprise de l’ensemble des questions et problématiques liées au développement durable. Il s’agit donc, pour l’entreprise, d’intégrer les questions sociales et environnementales dans son activité et dans ses relations avec ses parties prenantes.

Les parties prenantes sont des personnes ou des organismes ayant établi des liens directs avec l’entreprise, et pouvant être affectés positivement ou négativement par l’activité ou les décisions de cette dernière. Parmi les parties prenantes traditionnelles de l’entreprise, on retrouve notamment, en interne, les salariés, les syndicats, les actionnaires et, en externe, les clients, les fournisseurs, les administrations et collectivités, les ONG et associations…

La raison d’être de l’entreprise désigne la façon dont elle entend s’engager officiellement vis-à-vis de ses publics. Intégrée de façon optionnelle aux statuts de l’entreprise, cette notion a été traduite en droit français par la loi PACTE et figure désormais dans l’article 1835 du Code civil.

La norme ISO 26000, établie par l’Organisation internationale de normalisation (ISO), fixe les lignes directrices relatives à la RSE. Contrairement aux nombreux labels existants en matière de RSE, l’ISO 26 000 ne pose pas d’exigences, mais en définissant un certain nombre de bonnes pratiques, elle clarifie la notion de responsabilité sociétale et facilite sa mise en œuvre concrète par les entreprises. A cet égard, elle constitue une référence à suivre.

Les trois piliers de la RSE :

La réflexion autour de la mise en place d’une politique RSE s’articule autour de trois grands enjeux : outre l’enjeu économique, traditionnellement au cœur du projet d’entreprise, les nouvelles aspirations de la société civile imposent deux nouveaux enjeux : la question sociale et les problématiques environnementales. A ces trois grandes questions, le dirigeant de PME doit pouvoir apporter quelques réponses incontournables, mais au final inspirées par le bon sens :

Le respect de l’environnement

Comment l’activité de mon entreprise impacte-t-elle son environnement ?

La protection de la biodiversité, la préservation des milieux naturels et la lutte contre le changement climatique constituent désormais des enjeux planétaires impératifs et urgents, qui s’imposent aussi bien aux individus qu’aux organisations. La responsabilité de l’entreprise est, sur ce terrain, particulièrement scrutée par les citoyens. Voici quelques pistes de réflexion et d’action :

  • Limiter, voire proscrire, l’utilisation de produits et techniques polluants
  • Revoir les politiques de transport des collaborateurs et des marchandises
  • Optimiser les différentes consommations énergétiques (chauffage, éclairage, eau, production…), produire tout ou partie de l’énergie consommée, par exemple au moyen de panneaux photovoltaïques en toiture, et isoler les bâtiments
  • Généraliser le tri, le recyclage et la valorisation des déchets (administration et production)
  • Développer des politiques de maintenance et de réparation des équipements, notamment des matériels bureautiques
  • Mettre en place des circuits d’approvisionnement et de distribution courts et locaux
  • Pratiquer une politique d’achats responsables et sélectionner les fournisseurs sur des critères environnementaux
  • Économiser les ressources, afin de réduire les coûts de production.

La dimension sociétale

Ma gouvernance tient-elle compte des aspirations de mes parties prenantes ?

Qu’elles soient internes ou externes, les parties prenantes sont concernées à divers titres par les activités de l’entreprise. La responsabilité de l’entreprise est de les prendre en compte dans ses stratégies de management et de développement, afin de jouer pleinement son rôle d’acteur de la société. Le dirigeant cherchera donc à :

  • Assurer la qualité de vie au travail, la formation, l’implication des collaborateurs (management horizontal, créativité, participation…)
  • Mobiliser les acteurs de l’entreprise autour de projets porteurs de sens
  • Développer une politique de prévention des risques psycho-sociaux et sanitaires, de lutte contre les inégalités, prendre en compte la diversité et l’inclusivité
  • Créer et développer des produits et des services durables dont l’impact ne peut être négatif pour les personnes
  • Soutenir les associations et les acteurs sociaux et culturels locaux, pratiquer le mécénat, mettre en place des initiatives éducatives.

Le volet économique

La performance de mon entreprise peut-elle aller de pair avec sa responsabilité ?

L’objectif est de conjuguer les principes éthiques et la performance. De nombreuses études démontrent en effet clairement que les entreprises qui ont mis en œuvre une véritable politiques RSE sont non seulement performantes, mais elles le sont parfois plus que leurs concurrentes ! A nouveau quelques idées à explorer :

  • Mettre en œuvre des pratiques commerciales éthiques, qui participent à une répartition plus équitable des richesses et à la lutte contre la corruption
  • Intégrer le coût environnemental et le coût social dans le prix de son produit
  • Innover et concevoir des produits de qualité, dont le cycle de vie prend en compte le facteur environnement dès l’origine
  • Développer les pratiques collaboratives en interne comme en externe, afin de mutualiser coûts, compétences, temps, biens, ainsi que les ressources
  • Soutenir l’économie locale (recours à des fournisseurs de proximité, investir dans la région)
  • Garantir la transparence vis-à-vis des communautés de clients, d’actionnaires, de fournisseurs, de prestataires, de l’Etat (lutte contre la corruption, concurrence déloyale, fraude…)

A la lecture de cette fiche, il est probable que le dirigeant constate qu’en réalité, il « fait » de la RSE sans le savoir. Le fait est que la RSE reste avant tout une question de bon sens, dès lors que l’horizon de l’entreprise ne se limite pas à sa seule réussite économique. Mais il est primordial de savoir comment la formaliser en tenant compte des spécificités de chaque entreprise si l’on souhaite qu’elle soit à la fois visible, efficace et durable. C’est tout l’enjeu de cette démarche, dont la suite logique sera – à défaut de ressources suffisantes en interne dans les TPE et PME – la consultation de professionnels spécialistes dont les compétences en matière de mise en place et de suivi RSE sont reconnues.